Le travail de Cassiel Gaube s’inscrit à l’intersection de multiples pratiques kinesthésiques et chorégraphiques. Sa démarche artistique procède du désir de sensiblement expérimenter avec les formes et méthodes propres à chacune d’elles et de tisser des liens entre ces diverses approches du mouvement.
Dans son solo Farmer Train Swirl – Étude, il cristallise une série d’expérimentations formelles et compositionnelles prenant pour point de départ principal son expérience de la pratique de la house dance. Soirée d’études pousse plus loin ce travail d’exploration du champ des possibles kinesthésiques de cette danse et consiste en une série de courtes pièces, chacune se concentrant sur une région spécifique de cet espace de possibilités.
Dans son nouveau solo MOTEUR, il explore l’intersection des différentes techniques qui ont façonné sa compréhension de la danse : la house dance, le ballet, la danse post-moderne et contemporaine. Chaque tradition technique est prise comme un prisme singulier à travers lequel appréhender les possibilités du corps dansant. Le travail cherche moins à synthétiser ces approches qu’à identifier leurs logiques sous-jacentes et à découvrir ce qui émerge à leurs intersections — là où les saillances de l’une révèlent les interstices de l’autre et où le contact de leurs différences ouvre des espaces kinesthésiques encore à imaginer.
Son travail a été présenté plus d’une centaine de fois à l’international, notamment au Musée de l’Orangerie (Paris), à KANAL – Centre Pompidou (Bruxelles), au Concertgebouw Brugge, au Rockefeller Center (New York), au Watermill Center (Long Island, NY), à la Villa Medici (Rome), à Dansens Hus (Stockholm) et au Centro Cultural de Belém (Lisbonne).
Dans le projet de recherche ftwrk, il élabore et formalise un système de notation spécifiquement conçu pour modéliser et décrire, sous la forme de valeurs numériques, les transferts de poids (de l’appui d’un ou deux pieds à l’appui d’un ou deux pieds) dont le corps humain est capable.
En parallèle de ses projets, il nourrit une collaboration au long cours avec Anne Teresa De Keersmaeker. En 2019, elle lui commandite des phrases chorégraphiques pour la nouvelle version scénique de West Side Story, qu’elle chorégraphie alors pour le producteur américain Scott Rudin. En 2022, ils co-créent Dark Red – Neue Nationalgalerie, qu’ils interprètent ensemble à Berlin. La même année, le Ballet de l’Opéra de Lyon lui commande un solo pour l’un des danseurs de la compagnie, créé au Centre national de la danse, à Paris.
Il a été artiste associé à La Ménagerie de Verre, à Paris (2019–2020), et artiste en résidence au Centre national de la danse (2021). En 2025, il a été le premier récipiendaire du Dance Reflections by Van Cleef & Arpels Fellowship. Il enseigne régulièrement à La Ménagerie de Verre et à P.A.R.T.S., à Bruxelles.
Cassiel est diplômé de P.A.R.T.S. – Performing Arts Research and Training Studios, à Bruxelles, et a étudié à la Juste Debout School, à Paris.
